Le 100e Singe, près de Toulouse : tester son projet agricole
- Base
- Castanet-Tolosan (Haute-Garonne)
- Test agricole
- 1 an, renouvelable 2 fois
- Parcelles
- De 5 000 m² à 1 ha équipés
- Statut
- CAPE, régime général maintenu
Un tiers-lieu agricole en archipel autour de Toulouse
Le 100e Singe est né début 2016 d’un collectif de citoyens à Belberaud. De 2016 à 2019, il a occupé une ancienne borde lauragaise de 400 m² sur 5 hectares, où il a accompagné ses 5 premiers futurs maraîchers. Depuis début 2020, sa base se trouve à Castanet-Tolosan, en partenariat avec la commune : 800 m² de bâtiments et 3 hectares de champs, avec bureaux, salles de formation, un atelier d’autofabrication d’outils et des parcelles de test en maraîchage.
Le projet repose sur trois structures. La SCIC Le 100e Singe, une coopérative d’activité et d’emploi issue de l’association initiale en février 2022, réunit une quarantaine de coopérateurs. L’association Le Centième Singe porte l’espace-test agricole et est reconnue chef d’exploitation par la MSA. Le Labo du 100e Singe, coopérative de conseil, accompagne les collectivités dans leurs projets de transition agricole.
Tester un projet agricole sans s’endetter
L’espace-test s’adresse surtout à des personnes en reconversion qui ne viennent pas du milieu agricole et qui veulent s’installer en agroécologie, au minimum en bio et en circuit court. Il porte votre activité : vous produisez et vendez pendant 3 ans au maximum en restant au régime général de la sécurité sociale, et vous conservez vos minimas sociaux tant que vous ne dégagez pas de revenus. Ce portage passe par un contrat d’appui au projet d’entreprise (CAPE).
Vous disposez d’une parcelle de 5 000 m² à 1 hectare, équipée selon les sites d’une serre, d’un réseau d’irrigation, d’un espace de stockage et d’outils semi-mécanisés. Le test dure un an, renouvelable deux fois. L’hébergement administratif et comptable et le suivi technico-économique se font en partenariat avec la CAE Ferm’en Coop.
L’accompagnement mobilise un paysan-tuteur et des accompagnateurs sur trois plans : la technique, l’entreprise (comptabilité, modèle économique, commercialisation, communication) et le projet de vie. Six sites d’incubation maraîchers sont reliés à la base de Castanet-Tolosan. Ils accueillent plus d’une dizaine de producteurs en test et sont ouverts avec des communes, des agriculteurs ou des structures de l’ESS.
Ce que coûte le test d’activité
Le coût prend la forme d’un forfait annuel payé chaque mois. Il comprend une contribution à l’association, calculée selon le matériel et la surface mis à disposition, et vos charges d’activité. Le site ne publie pas de montant.
Comment se passe la sélection
Le 100e Singe ouvre des appels à candidatures quand un lieu-test se libère. La sélection se fait sur dossier, à télécharger sur le site. Elle évalue vos premières expériences de reconversion, par exemple un BPREA, des stages ou du woofing, et passe par un stage de pré-couveuse.
Le profil attendu : un projet agricole adapté au lieu-test, un prévisionnel économique réaliste ou la capacité à le construire, plusieurs expériences agricoles significatives ou la capacité agricole, et la volonté d’être accompagné. Si vous n’intégrez pas l’espace-test, un questionnaire permet de rejoindre le réseau de 200 porteurs de projet agricoles que la structure revendique en Haute-Garonne, et d’accéder à ses ateliers et événements.
Ce que sont devenus les testeurs
Le site présente plusieurs anciens testeurs installés : l’un depuis 2020 en collectif dans la Loire après deux ans de test, un autre en 2022 après un an et demi, un producteur de mesclun et de plantes aromatiques en 2023 après trois ans, un autre en 2023 en collectif dans le Tarn. Le 100e Singe co-dirige le Réseau national des espaces-test agricoles et a cofondé le collectif Nourrir la Ville. Avec le Civam 31, il met en place « Première Récolte », un parcours d’accompagnement vers l’installation paysanne en Haute-Garonne.
Notre avis
Le 100e Singe convient à une personne en reconversion, déjà passée par une formation ou des stages agricoles, qui veut tester une production agroécologique autour de Toulouse avant d’acheter terre et matériel. Il ne convient pas à un projet hors agriculture ni à un candidat sans aucune expérience agricole, qui devra d’abord se former.