Les Champs des Possibles : couveuse agricole en Île-de-France
- Territoire
- Île-de-France
- Test
- CAPE d’un an, renouvelable 2 fois
- Contribution
- 10 % du chiffre d’affaires HT
- Depuis 2009
- 170 personnes en test
Une coopérative pour s’installer en agriculture paysanne
Les Champs des Possibles existent depuis 2009. Leur mission est de faciliter l’installation de paysans, d’artisans et d’acteurs de la transition en Île-de-France. La structure réunit trois activités : une couveuse pour tester son projet, une coopérative d’activité et d’emploi pour le poursuivre en salarié, et un organisme de formation.
Les projets accueillis vont de la production végétale et de l’élevage à la transformation alimentaire (pain, fromage, conserverie) et au conseil ou à l’animation pédagogique sur l’agriculture et l’alimentation. La coopérative est une SCIC, passée en société anonyme en juin 2024.
Comment fonctionne le test d’activité
Le test dure de quelques mois à trois ans au maximum. Il repose sur un contrat d’appui au projet d’entreprise (CAPE) d’un an, renouvelable deux fois. Ce n’est pas un contrat de travail et vous n’avez pas à créer d’entreprise : la couveuse porte votre activité sur les plans juridique, social, fiscal et comptable. Elle gère notamment les fiches de paie, la TVA, la clôture fiscale, la déclaration PAC et l’agrément bio. Vous transmettez vos frais et éditez vos factures.
Le test se fait sur un site d’accueil agréé, ferme ou laboratoire de transformation. La coopérative revendique 19 sites d’accueil partenaires en Île-de-France. Deux parcours existent : en immersion, aux côtés d’un professionnel, ou en autonomie après une première expérience. Les métiers du conseil et de la pédagogie se testent toujours en autonomie.
Un tuteur exerçant le même métier, avec au moins 3 ans d’expérience, vous suit. Il est rémunéré pour ce temps. Ce tutorat est systématique en agriculture et encouragé dans les autres métiers. Une personne de l’équipe interne vous accompagne aussi de la candidature à la sortie du test.
Ce que coûte le test et comment vous vous payez
La contribution coopérative est de 10 % du chiffre d’affaires hors taxe, dégressive au-delà d’un certain chiffre d’affaires cumulé. En production agricole ou en artisanat alimentaire, vous payez en plus votre part des équipements et des charges du site d’accueil, selon une règle fixée avant le test.
Vous pouvez vous rémunérer dès que votre chiffre d’affaires a généré de la trésorerie. Avant cela, vous gardez vos allocations chômage ou vos minimas sociaux si vous y avez droit. Le CAPE se cumule avec un contrat de travail à temps partiel.
Comment entrer en test
Vous assistez d’abord à une réunion d’information sur inscription. Vous remplissez ensuite un dossier de candidature, présenté lors d’un entretien individuel. Un contrat de pré-accompagnement suit : vous choisissez un tuteur et un site, faites un stage d’immersion (sauf en tertiaire) et suivez trois ateliers sur les bases de la gestion et de la comptabilité. Une commission d’entrée valide enfin votre dossier avant la signature du CAPE.
Le BPREA n’est pas obligatoire pour entrer en test. Il reste utile ensuite, car il donne la capacité agricole qui conditionne les aides à l’installation. Les pratiques attendues sont agroécologiques, sans engrais ni pesticides chimiques de synthèse, et la certification bio est encouragée.
Après le test : la CAE ou l’installation
Vous pouvez rester dans la coopérative comme entrepreneur salarié. Ce statut impose de fixer des objectifs et de vous verser un salaire minimum de 200 € brut par mois, plus une part variable. Au bout de trois ans dans la coopérative, test compris, vous devez prendre des parts sociales et devenez associé.
Une enquête publiée en septembre 2026 auprès de 48 anciens entrepreneurs indique que 54 % se sont installés ou ont créé leur structure après leur sortie. Parmi eux, 62 % l’ont fait dans les six mois, et 85 % des installés ayant répondu à la question exercent en Île-de-France. Un quart a arrêté le projet testé.
Notre avis
Les Champs des Possibles conviennent à une personne qui veut s’installer en agriculture paysanne ou en artisanat alimentaire en Île-de-France et préfère éprouver son projet sans s’endetter. Ils ne conviennent pas à un projet hors du champ agricole et alimentaire, ni à une agriculture qui recourt aux intrants chimiques de synthèse.